lundi 24 octobre 2016

Trésors


Ces dernières semaines resteront inoubliables pour moi car je suis devenue maman d'un merveilleux petit garçon avec qui, main dans la main, je parcours la forêt des rêves bleus ...

Ma présence ici se fera encore plus rare durant les prochains mois mais je ne manquerai pas de venir poster quelques messages, de temps en temps, en particulier sur les livres que je commence à me procurer pour mon enfant.


Petit rappel pour les passionnés de Beatrix Potter : l'histoire de Miss Kitty est sortie aux éditions Gallimard Jeunesse. C'est un vrai bonheur de retrouver le style unique de Beatrix Potter qui, une fois encore, s'adresse aux enfants (et aux grands !) sans aucune condescendance, avec un humour parfois un peu cruel et des personnages peu conventionnels. Et quel plaisir de croiser, entre autres, Pierre et Madame Piquedrue !
Concernant les illustrations de Quentin Blake (qui est un artiste que j'aime beaucoup), eh bien je dois dire que je n'ai pas réussi à les associer au texte. Mon esprit vagabondait sans cesse vers Beatrix Potter, ses paysages romantiques du Lake District et tous ses petits détails qui font que je peux me perdre des heures dans ses illustrations.
Je suis un peu déçue de ne pas voir figurer le dessin original de Beatrix Potter dans cet album et j'aurais aimé que le livre soit au même format que le reste de la collection.

Pour ceux qui s'intéressent à la vie de Beatrix Potter, n'hésitez pas à vous procurer Beatrix Potter and the unfortunate tale of a borrowed guinea pig de Deborah Hopkinson et Charlotte Voake qui raconte l'histoire malheureuse d'un petit cochon d'inde "croqué" par l'artiste ...


J'ai également vu qu'une nouvelle biographie signée Sarah Gristwood était sortie au mois de juin :

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Enfin, il est encore temps de vous procurer les timbres et pièces sorties pour le 150ème anniversaire de sa naissance.

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A bientôt, entre deux câlins !


jeudi 9 juin 2016

Les sœurs Brontë, au nom du père, du frère et de l'esprit - Stéphane Labbe


Quelle lecture plaisante et instructive que celle des Sœurs Brontë, au nom du père, du frère et de l'esprit de Stéphane Labbe ! Et quel bonheur de retrouver Haworth, de partager le quotidien et les états d'âme de Charlotte, Emily et Anne sous la plume de l'auteur qui nous transmet toute sa passion pour cette famille au génie si mystérieux.


Cette biographie présente un évident intérêt documentaire mais elle est aussi un récit enthousiasmant à suivre, au style limpide qui nous transporte avec pudeur et délicatesse dans l'univers si inspirant de la famille Brontë.

Grâce à ce nouvel ouvrage, j'ai enfin pu faire la connaissance d'Anne, la cadette réservée dont j'ignorais presque tout et que l'auteur qualifie de discrète, timide, quasiment mutique.
Anne semble rencontrer des difficultés à trouver sa place au sein de la fratrie, coincée entre deux sœurs et un frère aux caractères affirmés. Sa fragilité m'a beaucoup touchée mais aussi et surtout sa force, son courage et son talent qui n'a malheureusement pas toujours été reconnu à sa juste valeur. Charlotte, elle-même, sous-estime l'oeuvre de sa sœur. Et pourtant, avec La Dame de Wildfell Hall, la gentille Anne (expression utilisée par une amie de la famille) est à l'origine d'un roman plus qu'estimable, dans lequel l'art d'Anne Brontë s'inscrit davantage dans le prolongement des récits satiriques de Jane Austen que dans la tradition romantique.
Charlotte n'en voit que pour Emily qui la fascine et dont elle pressent le génie. Comme dans une tragédie racinienne, Charlotte aime Emily qui aime Anne qui admire Charlotte. Anne et Emily sont si proches l'une de l'autre que Charlotte se sent à l'écart et regrette de ne pas pouvoir partager davantage avec Emily. Charlotte apparaît comme profondément torturée et rongée par un besoin de reconnaissance très fort, de son père notamment.
Ce que je retiens le plus chez Emily, c'est son amour des moors, de la nature en général et des animaux. Seule ou en compagnie d'Anne puis de Branwell, Keeper sur les talons, Emily sillonne les moors. Elle aime de tout son être cette région désolée, ces terres tantôt arides, tantôt marécageuses d'où les fermiers tirent avec les plus grandes difficultés leur substance. Elle aime la vie qui s'y dissimule, renards, rongeurs, faisans, corbeaux et coqs de bruyère. Elle n'a de cesse de scruter les signes de ces existences furtives et transforme le hangar à tourbe derrière le presbytère en infirmerie pour animaux blessés. Outre Keeper, elle a recueilli le faucon Hero, les oies Adelaïde et Victoria. Son enfance s'est enchantée des soins prodigués aux divers oiseaux blessés qu'Anne et elle tentaient de soustraire aux mauvais traitements de l'impavide nature.

Sur les landes de Haworth, Emily est partie à la conquête de son âme, indifférente à la gloire et au bourdonnement des critiques. Et c'est bien son âme qu'elle a placée dans ce roman étrange (Wuthering Height) et dans ses poèmes.

Enfin, j'ai également découvert le rôle essentiel qu'a tenu Tabitha Aykroyd, la gouvernante, au sein du foyer familial. Sa bonté et sa bienveillance la rendent terriblement attachante. Les histoires et contes qu'elle rapporte aux enfants Brontë contribueront grandement à alimenter leur imaginaire.

Je ne peux que vous conseiller la lecture de cet ouvrage tant j'y ai appris de nouvelles informations et anecdotes passionnantes sur les Brontë. L'auteur retrace de manière vraiment efficace le parcours de cette étonnante famille, le difficile accès à l'indépendance et à la reconnaissance, la vie scandaleuse de Branwell mais également ce qui a inspiré les trois sœurs dans la création de leurs romans sans oublier leurs écrits de jeunesse (et leurs mondes imaginaires Angria et Gondal).

N'hésitez pas non plus à vous procurer le magazine de L'Ecole des lettres n°5 de 2011-2012 qui traite des Hauts de Hurle-Vent. (J'en avais parlé brièvement ici)

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(Les sœurs Brontë, au nom du père, du frère et de l'esprit, Stéphane Labbe, Au Diable Vauvert collection A 20 ans)

jeudi 26 mai 2016

Happy Birthday !

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Cette année, Winnie l'Ourson fête ses 90 ans tout comme la reine Elizabeth II !
Pour l'occasion, Jane Riordan et Mark Burgess (qui a déjà illustré la suite des aventures de Winnie l'Ourson, Retour à la forêt des rêves bleus) les ont réunis dans une charmante petite histoire disponible sur le site disney.co.uk : Winnie the Pooh and the Royal Birthday.

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Dans cette histoire, Winnie l'Ourson et ses amis décident d'offrir un cadeau à la reine d'Angleterre pour fêter son anniversaire. Après avoir choisi leur présent, ils partent tous ensemble à Londres pour une jolie balade jusqu'à Buckingham Palace.
Les illustrations sont adorables, pleines de tendresse et, petit clin d’œil amusant, vous reconnaîtrez, à la toute fin de l'histoire, le prince George !


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Vous pouvez également découvrir cette nouvelle aventure de Winnie l'Ourson sur Youtube : 



samedi 9 avril 2016

Le Lake District en quelques photographies ...

Enfin, juste pour le plaisir des yeux, quelques photographies de cette belle contrée ...


Cet endroit vous rappelle forcément quelque chose ! Beatrix Potter l'a peint dans l'album de Jemima Puddleduck.

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Yew Tree Farm vu dans le film Miss Potter ...

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Merci chère Beatrix Potter pour toutes ces balades si paisibles et ressourçantes !


vendredi 8 avril 2016

The world of Beatrix Potter attraction

A Windermere, toujours dans le Lake District, j'ai eu la chance de découvrir une  jolie attraction dédiée à l'univers de Beatrix Potter. 
J'ai adoré retrouver tous ses petits personnages, plus vrais que nature ! J'ai même eu une grande conversation avec Madame Piquedrue sur l'entretien du linge !


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mercredi 16 mars 2016

The Tale of Kitty in Boots


En parlant de Beatrix Potter, saviez-vous qu'un manuscrit avait été retrouvé dans les archives du Victoria and Albert Museum ?

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Cette histoire inconnue devrait être publiée en septembre prochain avec les illustrations de Quentin Blake étant donné que nous ne disposons que d'une aquarelle (ce qui est déjà absolument fantastique !) du petit héros par Beatrix Potter.

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J'ai cru comprendre que nous aurions le plaisir de retrouver Monsieur Tod, Madame Piquedrue et Tabitha Tchutchut !

Autant vous dire que j'ai hâte !

Pour en savoir plus, c'est par ici : bbc.com

lundi 14 mars 2016

The Armitt Museum, Ambleside

Retrouvons Beatrix Potter au musée The Armitt de Ambleside (Lake District) qui propose une belle collection de livres ayant appartenu à l'auteur, des dessins et aquarelles de champignons notamment, toutes sortes de produits dérivés de son œuvre, ses portfolios ou encore des registres de concours agricoles auxquels elle a participé.

J'ai beaucoup aimé ce petit musée très chaleureux et instructif. Pour une fois, l'accent est porté sur le talent de Beatrix Potter pour l'étude scientifique de la nature et particulièrement des champignons. L'exposition évoque, entre autres, sa correspondance avec Charles McIntosh, passionné de mycologie (c'est lui qui lui inspira la silhouette de Monsieur McGregor !).

Le rôle de Beatrix Potter dans la conservation du Lake District est également mis en lumière. On y apprend que, grâce à l'héritage de ses parents et aux royalties que lui ont apporté la vente de ses livres, Beatrix, fortement influencée par la philosophie de son ami Hardwicke Rawnsley (co-fondateur du National Trust) a pu sauver de nombreuses propriétés et fermes de la Région. 




(Portfolios légués au musée par Beatrix Potter)


Je vous conseille vivement de visiter le site du musée pour en savoir plus :
http://www.armitt.com


D'autres billets sur Beatrix Potter, bientôt ...


dimanche 6 mars 2016

L'extraordinaire voyage de Sabrina de Pamela Lyndon Travers


L'extraordinaire voyage de Sabrina raconte l'histoire de Sabrina Lind, onze ans et trois mois, et de son petit frère James contraints de quitter l'Angleterre et leur village natal durant la seconde guerre mondiale pour gagner l'Amérique où vivent de proches amis de la famille.

Le titre anglais I go by sea, I go by land est tiré d'une touchante prière anglaise qui ouvre le roman :

Matthieu, Marc, Luc et Jean,
Bénissez le lit où je m'étends.
Avant de fermer les yeux,
Je confie mon âme à Dieu.
Aux quatre coins de mon lit,
Quatre anges veillent sur ma nuit,
Deux à mes pieds, deux à ma tête,
Quatre pour m'emmener si la mort me guette.
Je vogue sur les flots, je chemine sur la terre,
De Sa main droite, le Seigneur a su me faire.
Si le danger devait me menacer, 
Petit Jésus, vient me délivrer.
Il est la branche et je suis la fleur,
Je prie Dieu de m'envoyer le bonheur,
Et si je meurs avant mon réveil
Le Christ emportera mon âme au Ciel.

Je dois dire que j'aurais préféré un titre français plus proche de l'original mais je ne peux que remercier du fond du cœur les éditions Zethel de nous proposer une traduction de ce roman jusqu'alors méconnu en France.

Sabrina qui relate son aventure dans son journal intime est une petite héroïne très attachante, fine observatrice et pleine d'esprit. Elle partage avec nous toutes ses réflexions à la fois drôles, torturées et emplies de nostalgie lors de ce grand voyage vers le nouveau monde, quittant à la fois l'Angleterre, sa famille et une part de son innocence.
La plume de l'héroïne est espiègle, vive et pleine d'humour, nous aidant ainsi à supporter les terribles épreuves qu'elle traverse. L'auteur a su mettre en lumière cette belle énergie si propre à l'enfance, cette capacité à créer, à jouer malgré l'horreur.
Nos deux héros se font des amis à bord du bateau, s'inventent des histoires aidés de Pel, romancière à l'imagination débordante, qui accompagne Sabrina et James durant leur traversée. Pel est un personnage très intéressant et qui m'a beaucoup touchée par sa capacité à jouer, à oublier, un peu comme une enfant. Pas étonnant que Pel leur soit essentielle, elle qui est à la fois camarade de jeux et adulte protecteur.

On est loin de l'univers de Mary Poppins mais l'on retrouve les images cocasses, drôles et poétiques de l'auteur, cette vision de l'enfance et ces remarques mordantes sur le monde austère de certains adultes.
Ce que j'aime le plus dans ce récit, c'est de pouvoir prendre mon temps, d'être dans la contemplation, d'observer les paysages, de vivre chaque étape du voyage de nos héros sans précipitation et ainsi, de comprendre parfaitement les émotions de Sabrina.

Enfin, cerise sur le gâteau, cette édition comporte les illustrations de Gertrude Hermes !


L'extraordinaire voyage de Sabrina, Editions Zethel, 2016.

mercredi 10 février 2016

Heidi d'Alain Gsponer (2016)

J'ai vu de nombreuses adaptations d'Heidi et ce, toujours avec grand plaisir. Toutefois, ce film là m'a particulièrement touchée et a réussi à me transporter dans l'univers si doux et si attachant des romans de Johanna Spyri.


Le film a été réalisé par une équipe suisse allemande et a été tourné dans le village de Latsch. Les paysages sont de toute beauté et j'ai eu la sensation de les découvrir à travers les yeux d'Heidi. Comme notre petite héroïne, on s'émerveille, dès les premières minutes, devant cette nature resplendissante.
La montagne, la maison de Grand-Père, ses adorables chèvres, tout est si paisible ! On se sent comme dans un paradis perdu, à l'abri du danger. Comme on comprend Heidi lorsqu'elle dépérit à Francfort, loin de tout ce qui l'anime avec tant de joie et de vivacité !


L'adaptation m'a paru très fidèle aux romans et j'étais heureuse de retrouver cette galerie de personnages si sympathiques, à commencer par le grand-père qui est merveilleusement bien interprété. L'acteur joue avec une émotion retenue très touchante et tellement propre à ce personnage solitaire, taciturne et en réalité, foncièrement bon. Comment ne pas être ému par la petite chaise en bois qu'il fabrique pour Heidi, lui qui dispose de si peu dans son chalet ? 
D'ailleurs, son chalet est tel que je me l'imaginais en particulier la remise à foin qui sert de chambre à Heidi avec sa petite fenêtre qui accueille la belle lumière du matin.


Les enfants sont adorables ; Heidi est incarnée avec beaucoup de spontanéité et de gaieté. Peter, le petit garçon de chèvres, est exactement comme dans le roman, un peu frustre, espiègle, jaloux de sa petite camarade et en même temps terriblement attachant. Peter respire la liberté, la nature, les beaux jours d'été ! Tout l'inverse de la pauvre petite Clara qui semble à l'hiver de sa vie malgré son jeune âge.




Lorsqu' Heidi est contrainte de venir vivre à Francfort pour lui tenir compagnie dans cette grande demeure sombre, triste, aux fenêtres closes, le choc est violent et le manque de liberté la brise petit à petit malgré sa nature si positive. Les montagnes lui manquent et elle ne peut plus vivre sans son grand-père ...


Au-delà du bel amour qui lie ce grand-père à sa petite fille, ce qui m'émeut le plus dans cette histoire, c'est cette enfance d'autrefois proche de la nature, qui s’émerveille de tout et qui profite de sa liberté avec tant de légèreté !




Ce film mérite de rencontrer un beau succès auprès de son public. Si vous aimez les romans de Johanna Spyri, vous serez conquis !